Bonjour, vous avez un nouveau message reçu ce jour à 14h12.

Il repose le téléphone, il n’avait pas répondu comme à l’accoutumée.
Une clope, une nouvelle sonnerie :
- C’est papa …
- Je suis au courant, ton fils ainé m’a appelé.
- Ah… tu sais...
- Ouais, t’as prévenue ma sœur ?
- …
- Tu ne savais pas que ta femme avait une fille ? Laisse tomber je vais le faire.
- Tu…tu vas venir ?
- Non.
- Ah… tu ne peux pas venir ?
- Non, je ne veux pas !
- Ah… tu ne veux pas
- Non.
- Bon, euh…Je te laisse alors ?
- Ouais, salut.

La voix froide, la voix dure, la voix tranchante, la voix du Katana.
Il ne sait pas depuis quand, mais il parle comme ça de la famille à la famille.
Pour ses frères, c’est ton fils ainé ou cadet, ta femme pour sa mère, ton père à ses frères, mais pour tous, c’est toujours ma sœur.
Une clope, une bouffée, une vieille chanson qui remonte en mémoire.

« I’m a neanderthal man »

Pas pensé à lui demander comment il allait le vieux.

« you’re a neanderthal girl »

Un 25 décembre, ‘tain ! jusqu’au bout quoi.

« Let’s make neanderthal love »


Il appelle le fils de sa sœur. Noël, il aurait pu y aller, mais bon, le bonheur des autres parfois.

« In this neanderthal world »

Quarante ans plut tôt il aurait trépigné de joie, 30 il se serait cuité, aujourd’hui il s’en fout.

« We are neanderthal men »

Plus de Derrick.
Pas plus d’Avé Maria.
A peine une remarque.
Jeudi 25 décembre de l’an 08, 14h12, à l’ouest rien de nouveau.