Le fantasme est le propre de l'homme (de récentes études l'ont dépossédé du rire), projection de fables, croyances, de représentations imaginaires sur l'écran du mental ou projection d'un scénario érotique tout se passe dans le virtuel et le passage au réel...dit bien son nom.

Tout le théâtre de l'imaginaire se déroule dans le virtuel. Je ne connais pas de plus puissant voyage qu'un bon livre. Le virtuel est ce qui différencie l'homme...de ses frères animaux. (Sur le plan génétique, notre proximité avec les grands singes est considérable ; elle atteint 98,7 % avec le chimpanzé, -Axel Kahn-).

J'inclue les drogues, les jeux, et par commodité le « cyberespace » dans ce champ qui pour moi est le véritable propre de l'homme, ce détournement du réel synthèse de toutes les pulsions biologiques et mentales, cet amalgame des désirs ne connaît aucune limites et il n'est ici aucunement question de morale, morale qui ne s'exprime qu'au sein du corps social.

Non pour moi clairement le virtuel est le lieu charnière où l'homme joue, il joue au créateur et en particulier où il joue à dieu. Inutile de préciser que la religion s'incruste dans le virtuel, c'est l'immédiateté de l'évidence, pensez à la puissance des mythologies, de la symbolique, des rites anciens qui émaillent consciemment ou inconsciemment notre quotidien. Il y a encore des puissances planétaires qui font leur guerre contre le mal !

Le cyberespace n'est qu'une extension purement technique au virtuel de l'homme, mais il présente une énorme différence, c'est un univers calculé...Nous voici au royaume du numérique, merci à Mr. Leibniz qui pose les bases du calcul binaire en 0 et 1 au 17ième siècle !

Je ne sais pas si l'on se représente bien l'immense portée d'une civilisation qui commence à peine à basculer tout son savoir sur le support numérique, c'est un changement d'ère qui va bien au-delà du bouleversement de celui de l'imprimerie, il s'accompagne et prend pied sur l'infiniment petit, les nanotechnologies. Une de mes définitions du « progrès » scientifique, mettre l'infiniment grand dans l'infiniment petit, ce qui se passe à une vitesse phénoménale actuellement -les mémoires en sont l'exemple le plus visible-.

Les vieux du 20ième siècle appelaient leur siècle le siècle de la vitesse, sagesse des anciens, la vitesse est jouissance mais on ne peut plus rien voir, on ne voit plus rien, les lieux existent mais on a plus le temps, double censure de la mémoire, elle est censurée, réécrite, brûlée, détruite, contrôlée via « l'information », les médias mais ce schéma trop visible, évident se double surtout d'une mécanique bien plus perverse et invisible, la vitesse, « Le Temps Réel ». On dit si justement surfer, zapper ! La jouissance permanente s'oppose à la mémoire, et zapper ne fait que prolonger la jouissance et son anesthésie de la réflexion, le priapisme tue aussi le plaisir d'ailleurs, mais ici la lobotomie est donnée en prime dans le contenu. La réflexion renvoie à soi-même, donc appuyez sur le bouton pause.

Aristote le premier lance l'idée de la machine à calculer universelle, nous pouvons rêver d'ordinateurs, mais que seront les rêves d'ordinateurs ? Certains hommes n'ont que désirs de puissance et tentent à travers des empires technocratiques et commerciaux, des états même, de nous asservir et ne pas y réagir c'est définitivement en être complices.

Où est l'homme ?

Mais la vraie question est qui contrôle, qui contrôle la tuyauterie (tuyau tuerie), qui s'approprie du savoir en le numérisant et pourquoi?, pour en faire quoi ?
Tout pouvoir cherche à contrôler la connaissance, le savoir, sa diffusion, maintenant est-ce que cet espace virtuel, le net, deviendra trop protéiforme, trop vaste, trop fragmenté pour être contrôlé ? Entre Hadopi et Google quel espace individuel vivant auront nous réellement ? Trop de bruit abolit notre voix unique et singulière (trop de blogs par exemple), et les pressions financières et politiques sont monstrueuses, puissantes, mais pas nouvelles. Les serfs avaient peu d'espace pour exister mais ils pouvaient se révolter. Rien de changé donc, les nouvelles religions asservissent plus subtilement, les outils sont différents, mais le servage est bien là!

La révolte aussi.