ou encore syndrome des commentateurs du blog d'Agnès. C'est une constante des blogs gauchisants (encore que, ne fréquentant pas de blogs droitisants, je m'avance peut-être un peu) que ces commentateurs qui pensent que eux, ils ont tout compris, et que les autres sont des quiches. Sur les Suiveurs, on est à l'abri, on a un vaccin. Pas le genre qui fait des grandes phrases, hein, même pas des phrases du tout... seulement le genre qui épingle, paf ! Alors, forcément on fait attention.

Note de la rédactrice : la non féminisation du terme commentateurs n'est ni une erreur, ni un oubli.

Or donc le syndrome de l'avant-garde éclairée ?

Vous allez vous reconnaître.

Les autres, y luttent pas du tout, ils restent apathiques alors que moi, j'étais prêt à bloquer la place de la Mairie jusqu'à la fin du capitalisme le rétablissement de la retraite à 60 ans.

Les autres, y sont avachis devant TF1 à se faire manipuler le cerveau tandis que moi 1. j'ai jeté la télé, 2. je regarde que Arte, 3. bon des fois je regarde Envoyé spécial

Les autres, y pensent qu'à leur gueule et à consommer encore plus, moi, bien sûr j'ai le dernier téléphone-tablette graphique-grille pain à coques interchangeables mais c'est pas pareil.

Les autres, y s'en foutent qu'on fonce dans le mur, y trient pas leurs emballages et y continuent à aller acheter leur baguette en voiture. Moi, quand je prends l'avion, je compense le bilan carbone.

Les autres, y croient la propagande de l'UMPS et y vont voter comme des moutons et se laisser tondre la laine sur le dos. Moi, je vote Mélenchon au premier tour et ensuite... heu... ben faut faire barrage à la droite.

Les autres, y pratiquent le sexe et pas la tendresse.

Les autres, y z'aiment pas, y forment des couples par intérêt, par accident ou par erreur.

Si y'avait pas les autres, si ça tenait qu'à moi, le capitalisme, y serait déjà renversé.

Les autres, y sont égoïstes, et heureux de rester enfermés chacun-e chez soi. Moi, j'aimerais vraiment que quelqu'un-e d'autre organise des regroupements, mais pas avec mes voisin-s, c'est des autres.



Moi je te le dis, camarade, on est toustes des autres. Pas plus crétins les un-es que les autres (oui, d'accord, y'a lui, et lui mais bon, globalement c'est vrai). Capables de faire des choses ensemble. Capables de ressentir la souffrance de la situation, et la pauvreté, et l'absence d'espoir et l'espoir collectif. Alors, sûrement, on n'a pas toustes le même niveau d'information dans tous les domaines, ni la même instruction de base, ni les mêmes capacités techniques, ni les mêmes aptitudes à jouer du piano ou de la guitare... Mais c'est plutôt de la mise en commun que sortira quelque chose. L'avant-garde éclairée, on a essayé, on a eu l'obscurité.


J'trouve pas d'illustration. Une idée ?