Le nouveau ministre de l'intérieur a incontestablement le profil de l'emploi. Il a déclaré : "Les Français veulent que la France reste la France". C'est mystérieux comme phrase. La France restera forcément la France, peu de chances qu'elle devienne la Suède ou de risques qu'elle devienne le Japon. Les Français peuvent vouloir, ou pas, que la France reste la France, elle le restera, c'est inévitable.

Finalement, c'est pas exactement ce qu'il a voulu dire le nouveau ministre de la répression. Il a expliqué : « les Français, à force d’immigration incontrôlée, ont parfois le sentiment de ne plus être chez eux." Ça aussi, c'est assez mystérieux comme phrase. Quand t'es chez toi, t'es chez toi, même si les voisin-es changent. Mais bon, on comprend l'idée. Qui est double.

L'immigration est incontrôlée. Ça va faire marrer mes camarades de RESF, on avait plutôt l'impression qu'elle est trop contrôlée, l'immigration (des pauvres non diplômé-es, les autres, on sait pas, illes font pas appel à nous).

Et les Français-es, devant cette horde envahissante, ont l'impression de... de... ben de quoi donc ? D'être envahi-es. Ils sentent leurs valeurs (actuelles) menacées.

Je suis pas politicienne (Dieu qui n'existe pas me préserve) mais je m'interroge. Comment ils s'imaginent que ça peut fonctionner leur truc nos politicard-es ? Ils fabriquent l'ennemi intérieur, une bonne vieille rivalité qui explique que c'est la faute aux immigré-es qui mangent les allocations des français-es si tout va mal, et pas du tout la faute aux patrons et capitalistes qui s'en collent plein les fouilles en vidant les nôtres. Ils fabriquent du bon gros racisme de base (et bon, faut avouer, des fois, le Français est facile à convaincre) à coups de slogans et de lois infâmes. Et après, illes s'étonnent : l'électeur (et dans une moindre mesure l'électrice, qui est quand même plus intelligente) affirme vouloir voter extrême-droite et pas droite extrême. Pas de quoi s'étonner, ce me semble, quand des idées sont rendues populaires elles triomphent.

Par exemple, les malades sont en train de conquérir le droit de rentrer crever dans leur pays d'origine et la direction allumée d'un lycée interdit le port de robes longues unies.

Face aux brunissements rapides des idées politiques, un gus a lancé un appel unitaire et il a été rejoint par plein d'organisations et de gens (oups, pardon, de personnalités).
Il a pour défaut principal (l'appel pas le gus) de partir de 0 en oubliant l'organisation unitaire préexistante, Uni-es contre l'immigration jetable, l'appel tout aussi unitaire à manifester le 4 septembre dernier et la lutte des travailleurs et travailleuses sans-papiers en grève. Mon idée c'est que plus y'a d'orgas, plus y'a de postes de chefs...
Et pour autres défauts principaux de faire démarrer les saloperies à l'élection de Sarkopen et de proposer la rédaction de cahiers de doléance.

Quoi qu'il en soit, c'est l'occasion de gueuler toustes ensemble le samedi 28 mai. En essayant d'obtenir localement des appels plus radicaux, c'est pas dur, penser à ajouter que le PS a joué et continue à jouer sa partie dans l'institutionnalisation du racisme bas du front (ah, non, on peut pas l'dire, c'est mauvais pour l'unité) ou que la vraie source de difficultés des habitant-es de France c'est pas les immigré-es mais l'exploitation capitaliste et le démantèlement des droits sociaux...

Donc tu notes dans ton agenda : samedi 28 mai. Partout.