C'est chouette le 8 mars. Comme c'est la journée de la femme, y'a plein de réductions, de promotions et de distributions de roses. Comme c'est la journée internationale des luttes des femmes, on nous parle pas du tout des luttes mais y'a profusion de données statistiques qui sont diffusées ou rediffusées.

Par exemple, le document de l'Agence des droits fondamentaux de l’Union européenne intitulé "La violence à l'égard des femmes, une enquête à l'échelle de l'union européenne". Je passe sur le contenu, parfaitement déprimant, mais qu'est-ce qu'on y peut . Parce que les femmes subissent des violences, c'est bien expliqué. (c'est moi qui graisse, les trucs qui me font rire réagir encore plus que le reste.)

Même que ça affecte aussi les autres, c'est dire !
La violence à l’égard des femmes comprend des crimes dont les femmes font l’objet de manière disproportionnée, tels que les agressions sexuelles, les viols et la « violence domestique ». Il s’agit d’une violation des droits fondamentaux des femmes en matière de dignité et d’égalité. Ses effets dépassent largement les personnes directement victimes, puisqu’ils affectent leur famille, leurs amis et la société dans son ensemble.

On n'a pas toujours les preuves...
Compte tenu de l’impact majeur de la violence à l’encontre des femmes, il est regrettable que les décideurs politiques et les professionnels de nombreux États membres de l’UE soient toujours confrontés au manque de données détaillées sur l’ampleur et la nature de ce problème. Du fait que la plupart des femmes ne signalent pas les actes de violence et que les systèmes souvent considérés comme peu appropriés ne les encouragent pas à le faire, les données officielles de la justice pénale n’enregistrent que de rares cas déclarés. De fait, les réponses sur les plans pratique et politique visant à lutter contre la violence envers les femmes ne sont pas toujours fondées sur des éléments de preuves exhaustifs.

On a quand même des chiffres, finalement.
- On estime à 13 millions le nombre de femmes dans l’UE victimes de violence physique au cours des 12 derniers mois précédant l’enquête, ce qui correspond à 7 % des femmes âgées de 18 à 74 ans dans l’UE.
- On estime à 3,7 millions le nombre de femmes dans l’UE victimes de violence sexuelle au cours des 12 derniers mois précédant l’enquête, correspondant à 2 % des femmes âgées de 18 à 74 ans dans l’UE
- Une femme sur 20 (soit 5 %) a été violée depuis l’âge de 15 ans. Ce chiffre est fondé sur les réponses à la question de l’enquête suivante : « Depuis l’âge de 15 ans jusqu’à aujourd’hui, combien de fois quelqu’un [...] Vous a forcée à avoir des relations sexuelles en vous maintenant immobilisée ou en vous faisant mal, de quelque manière que ce soit ? »
Dans un certain nombre d’États membres, la définition légale du viol n’est pas liée à l’exigence de l’utilisation de la force physique. Sur la base d’une telle définition, l’ampleur du viol dans l’UE dépasserait le taux de 5 %

- Environ 12 % des femmes indiquent avoir fait l’objet avant l’âge de 15 ans d’une forme d’abus ou d’incident sexuel perpétré par un adulte, ce qui correspondrait à 21 millions de femmes dans l’UE

Mais il reste un mystère mystérieux : qui donc commet ses violences ? Il est bien fait mention de "quelqu'un" dans la citation sur le viol, et d'un "adulte" dans celle sur les incidents sexuels, mais c'est pas trop précis.

Je pense qu'il faudrait une enquête sur ce point. Comme ça, au lieu d'expliquer aux femmes comment elles doivent s'habiller, comment elles doivent se comporter, comment elles doivent parler, où elles ont le droit d'aller, à quelle heure elles peuvent sortir, tout un ensemble de consignes quand même difficiles à assimiler quand on veut simplement vivre sa vie, et en plus méthode inefficace puisque le danger est surtout à la maison ça fait des siècles qu'on l'utilise et que les violences subies par les femmes ne diminuent pas, au lieu d'expliquer aux femmes donc, il suffirait d'expliquer aux quelqu'uns adultes qui commettent les violences que ça se fait pas.

Ça doit pas être si compliqué, quand on pose plein de questions aux femmes sur les violences qu'elles ont subies, de leur demander quelle sorte de quelqu'un les a commises...