Les mineurs isolés étrangers qui arrivent en France sont accueillis par les services du département où ils se font connaître. Ils vivent alors un hébergement d'urgence pendant une période de 5 jours destinée à évaluer leur situation et à les orienter vers un accueil dans un autre département éventuellement (suite à une circulaire de 2013 pour répartir la charge financière de l'accueil de ces gosses).

Dans l'évaluation de cette situation, il faut statuer sur leur minorité et leur isolement. Pour évaluer la minorité, il y a les relations avec les personnes qui les accueillent, les papiers d'identité qu'ils ont avec eux, et si les papiers sont considérés comme faux, le fameux, contestable et contesté test osseux

A Alençon, la procureure en charge de cette procédure recourt systématiquement à ces tests (enfin, pour les ados évidemment), quels que soient les documents fournis. Y'a des endroits où le personnel hospitalier refuse de les pratiquer. Pas ici. Si la radio conclut à la minorité, elle envoie les jeunes à Caen (toujours encadré par la gendarmerie) où les radiologues semblent encore plus enclins à voir des majeurs partout.

Une fois majorisés, les jeunes mineurs isolés sont mis à la rue, et reçoivent une OQTF (Obligation à quitter le territoire français). La suite de la procédure, c'est l'expulsion du territoire. Net, sans bavure.

La situation est alors géniale : pas d'hébergement dans les structures pour mineurs (puisque majeurs), pas d'hébergement dans les structures pour majeurs (puisque mineurs). Demander l'asile revient à reconnaître la majorité, les mineurs n'ont pas besoin de titre de séjour... Il reste seulement à attaquer la décision des services départementaux de ne pas prendre en charge les gamins...

Pour le jeune Nigérien de 16 ans et le jeune Camerounais de 17 ans qui errent à Alençon, on en est là. En espérant que leurs papiers seront assez probants pour les juges du tribunal administratif.

Libertaire convaincue, je ne vote pas. A un moment (il y a déjà de nombreuses années), on m'objectait que la "gauche", c'est quand même moins pire que la droite pour le sort réservé aux immigré-es en général et aux sans-papiers en particulier. Faut voir le bon côté des choses, plus aucun de mes ami-es gauchistes ne peut m'opposer cet argument...