J'ai passé ce week-end avec des amies et des amis. Observant que les femmes étaient à la cuisine affairées à la préparation des repas pendant que les hommes étaient ailleurs occupés à d'autres choses, soucieux et soucieuses de féminisme et d'égalité dans la répartition des tâches ménagères, nous nous sommes collectivement interrogé-es sur cet état de choses.

Pourquoi les femmes à la cuisine et pas les hommes ?

La mauvaise volonté a été exclue. Face à la demande d'exécuter telle ou telle tâche participant à la confection d'un plat, aucun problème, chacun des hommes présents s'exécute avec bonne grâce.

L'inconscience a également été exclue. Tout le monde, homme compris, avait conscience qu'il fallait pour pouvoir manger ensemble, préparer et servir la nourriture.

L'assignation "naturelle" des femmes à la cuisine a été exclue aussi. Aucun homme présent ne pensaient que la place des femmes est à la cuisine et qu'il n'a rien à y faire.

Alors ?

La réflexion a été longue, laborieuse, fouillée, la confrontation des idées riches, les pistes explorées nombreuses.

Mais je peux le dire avec fierté : nous avons percé le mystère de l'inégalité de répartition des tâches domestiques. La clé est la vitesse.

Là où une femme se mettra à cuisiner vers 11h30 ou midi, un homme s'y mettra à 13h30, et il sera trop tard, une femme se sera chargée de la besogne.

Cette explication s'applique à tous les domaines où les choses doivent être faites à un moment plus ou moins précis :
- étendre le linge lavé : une femme s'y mettra à l'arrêt de la machine, un homme quand le linge aura déjà séché en ballot malodorant
- aller chercher les enfants à l'école : une femme sera à la sortie à "l'heure des mamans",un homme beaucoup plus tard et obligé alors d'aller chercher les petit-es au commissariat
- la vaisselle : une femme la fera après le repas, un homme avant le suivant
- enfiler un pull à un enfant : une femme le fera aux premiers signes de fraîcheur, un homme quand il éternue

Nos conclusions sont donc scientifiques et irréfutables : pour les tâches à faire à un moment donné, les hommes arrivent trop tard, elles sont déjà faites. Peut-être que qualifier cela de problème de vitesse est un abus de langage, il s'agit sans doute plutôt d'un problème de lenteur.

Une fois la cause identifiée, il reste à trouver les remèdes pour arriver à une égale répartition des corvées ménagères.

Se caler sur la vitesses des hommes au risque de nourrir à 23h un enfant enrhumé récupéré au commissariat aux alentours de 21h ?
Récompenser l'homme qui fait les choses en temps et heure jusqu'à ce que ça devienne une seconde nature ?