Je vis dans un département rural. Où l'Église tient une grande place, les fêtes de villages incluent souvent la messe du dimanche. Et où les collectifs de lutte que sont RESF ou le collectif de soutien aux gens du voyage sont composés pour partie de croyantes, chrétiennes (catho et protestantes, on oecumène ici...). Elles sont impliquées et actives. Des fois j'oublie d'être en rogne après elles.

Elle a neuf ans, elle est brésilienne, son beau-père l'a violé, sa mère l'a aidée à avorter des jumeaux qu'elle attendait.

L'église brésilienne, en la personne de dom José Cardoso Sobrinho, archevêque a tenté d'empêcher l'avortement puis, soutenue par le Vatican, a excommunié la mère et l'équipe médicale. J'espère que peu leur chaut.

L'archevêque n'a pas parlé d'excommunier le salopard qui se tapait la gosse depuis 3 ans : "Il a commis un péché très grave, admet-il. Mais, aux yeux de l'Eglise, l'avortement est un crime encore plus grave."

Le cardinal Giovanni Battista Re, préfet de la Congrégation pour les évêques au Vatican, a exprimé ainsi sa position : "C'est un triste cas, mais le vrai problème est que les jumeaux conçus étaient des personnes innocentes, qui avaient le droit de vivre et qui ne pouvaient pas être supprimées. L'Eglise a toujours défendu la vie et doit continuer à le faire, sans s'adapter aux humeurs de l'époque ou à l'opportunité politique."

Certain-es, plein-es d'une consternante naïveté, se demandent si le pape partage ces positions.

Alors les militantes cathos j'aimerais bien les voir dans la rue pour exiger la démission de leur pape et des archevêques, j'aimerais bien les voir quitter cette institution, qui a toujours été d'un lamentable sexisme mais qui bat ici, en comdamnant cet avortement, des records de cruauté et de mépris des femmes.

Quant à celleux, militant-es révolutionnaires, qui m'exhortent parfois (directement ou indirectement) à la tolérance envers les religions, leurs dignitaires et leurs croyant-es, je les emmerde et je décide, là, maintenant, de me rappeler cette action dans toutes les situations où je pourrais être tolérante.

Bien sûr, les discours anti-sémites, la réintégration d'évêques négationnistes ou fascistes suffisent à discréditer cette église. Permets-moi d'être d'abord féministe.