Véritable « Ground Zero » de toutes nos sociétés depuis la nuit des temps où nous en laissons des traces, la propriété est en passe d’être mise à nue pour ce qu’elle est : l’instrument viral polymorphe de l’exercice du pouvoir de quelques-uns au détriment de tous les autres.

Depuis les peuples en esclavage jusqu'à la ritournelle musicale, des ressources de la planète aux gènes de nos maladies, la propriété a tout justifié. Rigoureusement tout. Attaquée de tous temps, poussée dans ses retranchements par des foules épuisées et quelques penseurs lucides, elle s’est modifiée sans cesse dans ses objets et ses pratiques, trouvant dans un ailleurs** toujours renouvelé l’ancrage de sa légitimité.

Sans jamais rien céder de ses objectifs.

Sauf que. De glissements sémantique en échappées sanglantes, de renoncements intellectuels en conflits planétaires, la gangue de camouflage de la grosse ficelle s’épuise. A la même vitesse que s’érode la montagne des « opportunités » offertes au pillage. Étant passé de la très grossière soumission des peuples par la guerre, brutalité toujours tenue loin de nos yeux de financeurs complices, à la très sophistiquée « économie du vivant » (et du contenu de sa tête), c’est vers nous enfin que se retournent les grands prédateurs. Nous, leurs complices volontaires de toujours.

C’est de nos êtres-vies qu’ils se proposent de tirer les ressources qui assiéront leurs pouvoirs futurs.

Fin de la course. A bout d’arguments, les chantres de la propriété dévoilent enfin ce que nous devions en comprendre, de toujours : c’est la leur. Lassés de la réinventer à chaque révolte pour nous y faire adhérer par réciprocité mensongère des « bénéfices attendus », ils nous demandent d’avoir l’extrême obligeance (sinon ça va chier !) de bien vouloir les laisser enfin breveter notre vie pour pouvoir nous la louer.

Mais je ne « veux » rien, moi. Je ne « vaux » d'ailleurs pas davantage.
J'ai déjà pas demander à être, alors imagine...
Et je t'ai vu tel que tu es, salopard. Alors ce sera non.

Juste : non !

Je sais pas encore comment, mais je vais trouver, t'inquiète. Parce que je sais que : non. *sempre*



(* merci à emcee pour l’inspiration du titre de ce billet. Et pour... tout le reste. ;-) )
(** bientôt la lune. C'est donc peu dire que cet ailleurs est ...ailleurs)