Ce week-end j'ai rencontré les RG en personne. Ce n'était pas moi qu'il (on les met au singulier, si ça ne vous dérange pas. C'était les RG à un tout seul) venait voir mais je faisais partie de la troupe...

Un peu stressée par une telle rencontre, en chair et en os, en vrai, avec tous les risques que cela comporte, j'ai cherché comment faire pour que cela se passe au mieux et j'ai trouvé la seule réponse qui valle en toutes circonstances : la bonne chère.

Et je dois dire que c'était un bon plan ! D'une part cela permet de se réfugier en cuisine, loin de la terrasse accueillante sous un soleil allégé par le vent du Nord, et d'autre part, qui n'est pas sensible à un repas mitonné avec amour et divers ingrédients savoureux ? (non, ne me répondez pas, je sais "qui")
Je vous laisse juges : en entrée, différentes crudités, agrémentées d'une moutardette estampillée "véritable tuerie" par une spécialiste de l'aïoli (parfois ravigoté), puis des tartes au krômage dorées à souhait et une tatin de légumes du jardin (pas forcément répertoriés par les magnats de l'agroalimentaire, notamment certaine courgette en bois croisée avec une courge, malgré les dénégations frénétiques du jardinier angoissé à l'idée que son acte pro-biodiversité soit découvert) dont on se souviendra longtemps. Les RG s'est vu offrir la possibilité de tester les galettes complètes du chef, à la composition immuable et quasi-dogmatique, sauf pour l'ado-rable de sexe féminin. Les crèpes testées la veille avaient été dévorées le matin même par de joyeux lutins farceurs et la tresse suisse conservée pour le petit-déjeuner du chef de tribu le lendemain, mais il a suffi de ne pas les mentionner pour ôter toute tentation à qui que ce soit.
De même la rouelle de porc au miel et épices prévue pour le lendemain midi fut conservée secrète, bien que les estomacs bien remplis eussent suffi à atténuer la déception de ne pas y goûter...
Mais la partie qui me valut, je pense, une certaine tranquillité d'esprit et la satisfaction du devoir accompli fut le dessert. Un gâteau chocolat-pêches de vignes dont je vous livre ici le secret et qui réunit dans une même communion les RG, les lutins farceurs, les ado-rables et les diverses espèces adultes présentes - surtout la version du gâteau qui a cuit sur la partie supérieure du four, hum...

Recette du gâteau chocolat - pêches de vigne

200 grammes de chocolat,
110 grammes de beurre, en l'occurrence remplacés avec bonheur par "à peu près le même poids" de purée d'amandes,
100 grammes de farine,
180 grammes de sucre,
4 œufs (je crois. En tout cas c'est ce qu'on a mis, à quelques grammes de blanc d'œuf près, mélangés dans une action magnifique à de la pâte à modeler)
1/2 sachet de levure en poudre (ça correspond en gros à une cuillère à café)
quelques pêches de vigne plus ou moins juteuses, pelées et coupées en demi ou en quart.

1- Faire fondre le chocolat avec le beurre ou la purée d'amandes
2- Mélanger dans un saladier la farine, le sucre, les œufs entiers (la recette d'origine préconisait de battre les blancs en neige... mais c'est parfait sans)
3- Y ajouter le chocolat fondu avec la matière grasse choisie, mélanger, puis ajouter la levure et re-mélanger
4- Verser la préparation dans un moule (genre moule à manquer de 26 cm mais ya aucune obligation) beurré si vous préférez (moi non mais mes moules sont en teflon)
5- Déposer par dessus les "oreillons" de pêche (qui s'enfonceront à la cuisson) face bombée vers l'extérieur (ne pas hésiter à en mettre, ça ramollit la pâte et permet au gâteau de rester fondant... si on l'arrête à temps)
6- Faire cuire au four, thermostat 6 (= 180°) pendant une dizaine de minutes puis baisser sur 5 pendant 15 minutes. Mais bon, ça dépend des fours, hein, par exemple je n'y connais rien en four à gaz. En tout cas pas plus de 30 minutes à thermostat 6, selon la recette d'origine.
A déguster tiède, c'est un délice. Chaud c'est à se damner mais ça brûle, c'est vous qui voyez :-D
Ah, et la recette d'origine était prévue pour des poires, c'est aussi délicieux mais moins original...

Je ne sais pas si c'est grâce à mon gâteau (dont il n'a goûté que la seconde version, plus cuite et refroidie) mais je crois que les RG était content de sa soirée... Bien que très discret (déformation professionnelle) il n'a pas hésité à participer aux différents débats avec des petites touches personnelles, sauf à celui sur la cravate de notaire (devoir de réserve oblige, je suppose) et est rentré à la nuit avancée à son ministère de tutelle sans dénoncer qui que ce soit d'entre nous.
Ah, si tous les RG pouvaient être semblables à celui-ci, nous vivrions dans un monde plus sûrs pour les joyeux ultra anarcho autonomes éthylo-révolutionnaires de gauche...