Maintes fois, ça et là sur ce blog, j'ai loué la vertu du silence.
Eloge impossible,
au moins oxymoresque
Hors, donc, tout sera dans l'approche...

Voici l'état de la recherche.


Il est bien certain qu'il faut que quelqu'un se taise pour écouter ce qui parle.

Mais au départ, c'est souvent en se taisant ensemble,
qu'on s'entend au mieux.

Tu vois ?

Poursuivons.

A l'extrême du plus pire du prêchi-prêcha rigoureusement inutile balancé dans le meilleur désert possible,
la parole s'adresse encore à une oreille,
pourvu que le locuteur ne soit pas complètement sourd lui-même à ce qu'il raconte,
et prenne bien soin d'être suffisamment schizophrène.
(Note que c'est toujours possible, ça, un peu de schizophrénie,
on en a la recette, par construction,
c'est seulement quand ça emmerde l'entourage que c'est une maladie. Commune.)

(Il peut encore être idiot, le désertant ci-dessus, là, aussi,
mais dans ce cas limite,
la portée de son propos prend une valeur négligeable
quoi qu'il existe une tentation de se cantonner à cette posture de vain sot.
Mais ça confine sacrément aux narcissismes indigents,
et Narcisse, même puissant, même dévastateur, -et sutout dans ce cas- n'étant jamais bien riche,
on voit très bien où cela ne mène à rien,
en quelque sorte)



Bon.
Donc : se taire.



Cependant ...

C'est si naturel (C'est si bon ...) de chantonner ou murmurer quelque chose.


Non ?

Juste un fredon discret
qui passe
sur un air de rien ...
C'est comme si ça faisait exister l'autre
On saisit cela aisément lorsque on a eprouvé soi-même l'impression de renaître
à la simple invocation de notre prénom dans la nuit :

(Chuchotis infinitésimal) : -"Tu dors ?
- Heu...
puisque t'en parles
en fait
non..."


C'est alors que je suis bien vivant
dans le silence de la nuit

Du fait d' un principe simple de chauve-souris,
la pièce est entièrement redessinée en songe par les échos de la respiration du chien
(parce que l'oreille,
particulièrement stéréophonique dans l'obscurité,
detectant instantanément où il se trouve (le chien),
en déduit aussitôt les espaces environnant),
et c'est ainsi que tu visualises la chambre entièrement,
eh bien, à ce moment-là,
tu sais que, forcément,
tu ne dors pas.


C'est juste une pulsation régulière et tranquille (fait déjà prodigieux, dans certains cas de chiens)
qui fournit à elle seule,
comme diapason,
son "Choral du Veilleur"
(Bach, en Mib : Si-Mi-Fa-Sol-Sol-Fa-La-Sol - - Si-La-Sol-Mi-Fa ...etc)



Bonne nuit, Madame
Bonne nuit, Monsieur

Ou bien n'importe quel petit nom joli
que tu donnes à celui
ou à celle
qui partage ta nuit




Le plus court chemin entre deux êtres, c'est l'écoute. (Julos Beaucarne)