Adultillages
Avec nos energies d'escargot-te-s
en course avec un rouleau compresseur,
-oui, sur la même piste, pour des raisons d'équité,
et avec une légère avance sur l'engin -louons sa loyauté-,
nous resistons.

Ami-es, de longue date ou d'une plus récente averse
nous passons un moment à goûter
la tendresse, le rosé des uns, les bières de l'une, le jacassin des autres, la clémence du temps,
(je rererereprends du café, là, tiens)
et nous ne nous berçons d'aucune des illusions, pauvres pansements,
dont pourtant nous devrons nous contenter.
Christine ! :-) par ici, vite, vite, on rigole, on guitare
(on brassense un petit peu, forcément, on a nos marottes et nos spécialistes ...)


Astérix (le vrai) versus la Pêche aux Moules


Quelques joies vraies d'adolescence recouvrée,
(car l'adolescence, le savais-tu, c'est probablement, en Occident,
ce qui se rate le mieux,
épargnons-nous le couplet sur la crise ...)
...

Il est venu, l'anti-guru par excellence,
sur sa motocyclette lourdingue et magnifique,
elle aussi, l'institutrice qui en a plein le dos (ça finit par se voir),
mais ne veut pas lâcher l'affaire,
et la filoche aux 100 houblons et son blond rejeton
la bassine enragée
la têtue jardineuse et son amant placide,
et Michèle en passant
et l'italien qui sait faire des photos d'amour,
et l'Étoile qui marche, sa mère et quelques autres ...
jusqu'au quasi-nerd post-communiste, virtuose en bas-moldave,
un temps décalé avant qu'on se rappele combien nous le sommes tou-te-s,

décalé-es

d'un cran, juste un cran, en fait,

le cran de la distance dérisoire et tragique qui sépare un rouleau-compresseur
d'un escargot qui s'offre le luxe insolent de marquer le temps,
histoire de balayer sa demi-dalle, et de souffler un peu
tandis que les blancs-becs aux dents comme des rasoirs
festoient pissant dans leur piscine,
laids comme leurs rêves de triomphes, de carrière et d'argent,
apprentis dévoués du service aux rouleaux-compresseurs,
obscènes ...
(Putaing de merde, sales petits porcs, et leur techno de boucherie ...)


....
Tragiques et dérisoires, comme eux nous sommes,
la différence est qu'on le sait.
Nous fabriquons comme nous pouvons des parenthèses en or,
on myceliume en douce les crapauducs infimes par lesquels l'humanité,
-si peu héréditaire-
transitera inexorablement, sous leur goudrons parfaits
et puis,
entre deux rires, trois rencontres et une chanson
on tentera de garder des bribes, l'étincelle
le presque rien qui nous distingue (je sais, je l'ai dit 20 fois)
d'un bout de viande
ou d'une pierre.