Montrer son adhésion personnel à l'injonction oxymorique du développement durable, dans ma banlieue pavillonnaire au verdoiement millimétré, consiste en un géométrique essaimage d'hideux lumignons (forcément) verts, équipés de diodes à alimentation photovoltaïque, aux endroits d'un jardin où les nains éponymes en plâtre vernis au four à haute température s'accommodaient jusqu'ici de la nuit. On a les décroissances qu'on peut.

À la première tonte diurne d'une pelouse parvenue au sommet supportable des hauteurs anarchiques de ses quinze centimètres culminant, l'heureux petit bonheur kafkaïen à lame vengeresse d'une machine pétaradante de modernité électrique, épargnant à regret les petits bonnets rouges perchés sur leurs pneus aux flancs peints en forme de puit, viendra cisailler net ces oubliées installations écologiques en plastique de supérette, land art environnemental à batterie rechargeable opportunément dissimulées dans les (vertes) herbes à peine folles.

Il y a tout de même de drôles de cons.