Le(s) suiveur(s) des choses.

vendredi 14 décembre 2007

Le sexe des bulldozers.

Fin Février. Un de ces matins qui te recroquevillent dans ta doudoune polaire. Lever du jour sur ce chantier compact, énorme. Je rentre un peu la tête dans les épaules. Les 1.800 ouvriers arrivent par grappes, qui descendant des bus navettes, qui à pied depuis les parkings de la taille d'un supermarché. Les phares des douze grues encore immobiles percent une brume givrée, attendant que le soleil prenne le relais. C'est blanc pailleté, c'est blafard, ça glisse sur le ciment brut, le gobelet de cette purge de café imbuvable m'arrache une grimace et me brûle le bout des doigts. C'est le moment où je la croise.

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mercredi 5 décembre 2007

On the road again.

Le gars planté à l'entrée de la route en travaux, sous ses deux épaisseurs de manteaux (la doudoune fluo de sa boite, et le sien qu'on aperçoit dessous), le col relevé jusqu'au bonnet, semble tenir cette position depuis au moins trois heures sous le crachin. Il ne sort plus les mains de ses poches, se contente de te faire un signe de tête pour t'indiquer le carré boueux qui tient lieu de parking de chantier. Si je plante mes roues là-dedans, je couche la bécane. Ce sera donc le trottoir en amont.

Dans le même temps je met la question au chef de chantier dans un coin de ma tête : pourquoi le planton n'a-t-il pas de gants, au fait ?

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